À propos

Conçu essentiellement comme un bloc-note, ce site rentre dans le cadre d’un travail de recherche universitaire sur les rapports qu’entretiennent espace, fiction et identité.

Il s’organise autour de quatre thèmes qui, chacun à sa manière, placent le récit sous une tension particulière.

  • Comme son ombre fait le catalogue de scènes de filature. Quand un individu en suit un autre, c’est pour en savoir davantage sur lui tout en cachant sa propre existence. Mais il arrive souvent que le dispositif se retourne contre celui qui l’a mis en place. Ainsi, dans Les Misérable, la nuit où Javert, filant Thénardier, se retrouve face à Valjean, qu’il laisse s’échapper, le policier, se mettant enfin à douter du but de sa vie, décide de se jeter dans la Seine. La question de l’identité semble jouer, dans les récits de filature, comme la plus féconde des équivoques.
  • Quitter la Terre s’intéresse à l’arrachement des humains de leur planète. Imaginé depuis l’antiquité, pensé sous forme de fable par Johann Kepler, conçu plus ou moins sérieusement par Verne et les premiers auteurs de science-fiction, le départ de l’Homme de la Terre devient chose tangible à partir de la seconde moitié du dix-neuvième siècle. Et chose avérée un siècle plus tard. L’être humain, évaluant son attachement au sol et aux capacités techniques de s’en extraire, s’interroge alors sur le sens à donner à sa qualité de Terrien.
  • L’échappée belle recense les récits et les techniques d’évasion dans la fiction. Cousins des mystères de chambre close, les projets d’évasion mettent en scène la transgression d’une limite réputée infranchissable. Requiérant énergie et patience, secret et ingéniosité, le prisionnier, figure de l’homme immobilisé et déchu de sa liberté, déjoue les conditions apparemment définitives de son séjour contraint.
  • L’entrée au monde se concentre sur les récits qu’un individu peut faire de sa propre naissance. L’entrée au monde repose sur ce paradoxe que tout individu l’a vécu mais personne ne peut en faire le récit autrement qu’en passant par le témoignage d’un autre.

Suivre autrui, s’échapper d’un lieu clos, quitter le sol de notre monde, y faire son entrée : on verra que ces thèmes, d’habitude liés à un genre littéraire (le récit policier pour le premier, le autobiographique pour le dernier) déjouent souvent les attentes.

Contenu élaboré par Jean-François Duclos, “Associate Professor” à la Metropolitan State University of Denver, dans le Colorado. Contact : jeanfrancoisduclos01, arobase, gmail.com